I
a mis soledades voy ma lèvre éteinte essayera un cri
de mis soledades vengo par des ruelles misérables
tortillant des confessions honteuses
o délivrance !
achetée par le vol
d’une feuille
sans fils
déracinée
comme la mer aux coquillages:
o, o, o, o
l’aube pourri de ma liberté !
II
porque para andar conmigo mes pas brisés et décharnés
témoigneront les villes tombant
l’honneur en hausse de mes décombres :
me bastan mis pensamientos mon regard et voix volés par un miroir
tel un écho parlant avec lui-même
consolation
à l’étoile filante
perdue
de son sillage :
le lac aux reflets gelés
tiré au clair du silence
déclaré son espace
de lumière
ô de sa voix
brillante ! flétrie !
par le vent mauvais
au-dessous des eaux
tombé
III
que un hombre que todo es alma les boulevards saigneront
está cautivo en su cuerpo à l’extension de mes veines
sur la ville —mon sépulcre blanchi—
et on fera la statue à mesure
et mon portrait poussera mutilé
et dans la noire nudité de mes membres
le verbe humain
désincarné
épanouissant !
entiendo lo que me basta :
nu délivré
de sa forme
du son
soit le chant de philomèle !
sa langue est
morte :
o fugue
immobile
de la parole !
IV
Descaminado … toujours
la démarche incertaine
et la regarde sans couleur
le thème entonné des collines à minuit
si toujours
les pas des tessons reverberant la terre :
toujours l’obscur rythme du desert
étincelant
el silencio por nadie se quebranta
mais
la nuit tranché aux crête
les ombres
égorgés
à cascade :
ses gémissements se sculptent sur la mer :
des eaux pour trouver
l’horreur de
cette cadence cassée
et libre :
enfermo devenu le gardien de mon sourire
le soleil le seul a m’embrasser
et la nuit pleurant d’éclipses constellé
ma voix vidée
parlant le langage de sourde-muets :
peregrino that All which always is all everywhere :
débris des jours entre mes mains :
la palabra
de tinta dura llave
sangrante anquilosado reflejo
de mí mismo.
Enrique Barillas
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