Boule de souffrances
de jalousies
de maladies :
je n’existe que pour la DÉFLAGRATION !
La haine triomphe de tout
et le monde brûlera sous le poids de mon courroux
La vision
Est
un luxe que je ne peux pas m’offrir
sans constater l’appendice débile
de chair putride
putride et stérile
qui pend
lentement
doucement
-presque gentiment-
Entre mes jambes….
Tous mes muscles tremblent
sous l’effet des arcs électriques
qui secouent mon sang vicié
Le monde croulera sous la violence
des secousses
qui m’habitent :
Brûlures et séismes
Percée sismique des volcans
C’est la dérive des continents !
Ma chair est INHOSPITALIÈRE
et le monde mangera ce qu’il a semé
dans l’antre turpide
qu’est mon corps…
Âme : anima → ANIMAL !
Je serais le violeur de toutes les fillettes
si les puissances chtoniennes
n’en avaient décidé autrement :
Je violerais par pure méchanceté
comme le chien rageur
comme le chien râleur
aux oreilles rongées par la gale qui
MORD
la main qui le nourrit ;
comme le fou qui
VOLE
les couteaux qui lui servent à manger
pour tendre une embuscade
– dernier râle de vie –
aux médecin qui le soignent !
Je serai de ceux-là qui
privés de TOUT
bons à rien
frappent la putain à ses reins
Juste comme ça
pour
voir
ce
qu’il
SE
passe !
Je HAIS
(il n’y a aucun complément)
La haine est pure
innocente comme toujours
(par nature)
je HAIS je HAIS je HAIS
le monde et vos temples
le mors et vos tempes
la morve qui pend jusqu’à vos jambes
Fainéants proférant des foutaises
je vous AURAI
je tannerai votre peau sous le grand soleil
(j’en ferai un cuir qui résistera à la pourriture)
je montrerai votre scalpe aux dieux
et je monterai jusqu’aux cieux
pour ouvrir votre carcasse fétide
et après avoir lu dans vos entrailles
– car OUI je lis l’avenir ! –
je jetterai votre cadavre du haut des pyramides
je ferai pour les pouilleux
les CHIENS bâtards
RATS crevés
amas de CRACHAT
et LES races INFÉRIEURES
je ferai de votre cadavre dans un piteux état
une pitance qui leur suffira pour vaincre la puanteur
– car OUI je lis l’avenir ! –
(privé de mes yeux
les dieux m’ont accordé ce don)
Et ce que je lis dans vos tripes
n’est pas beau à voir :
il s’agit d’horreurs sans noms
(sans noms ni fertiles îlots)
de vérités sans lignées
de figures dévisagées
de jugulaires tranchées…
Tu ne croyais tout de même pas que l’avenir serait beau ?
Non, je te le dis :
RIEN
non rien
ne restera sur mon passage
l’herbe ne repoussera jamais derrière moi
ou alors une herbe timide
– jaunâtre –
qui aura l’odeur du pus et de la merde
et l’aspect léthargique
des charognes qui cuisent au
grand soleil !
Les confins même de l’ESPACE
succomberont et tomberont en délires épileptiques sans fins
Et les fous
les détraqués
les foules d’esclaves déchaînées
les innocents dans les fours
Ceux que l’on a piétinés
Ceux que l’on a humiliés
Ceux à qui l’on a dit qu’ils étaient de TROP
– OUI ceux-là justement ! –
les intrus
les ramassis de pustules
qui rampent à défaut de pouvoir
marcher !
Ceux à qui l’on a ôté les sens et la volonté
Ceux-là à qui l’on a ôté l’os de la bouche :
le Nègre, la Femme, le Barbare
Tous ceux-là se soulèveront
(et ce ne sera pas joli à voir)
la Seine sera ROUGE
et les nuages NOIRS de toutes les têtes qui tomberont sur vos foyers abandonnés
Pluie sans fin de cervelles écrasées !
la scène sera vidée
ENFIN
par tous ceux qui maintenant vivront
Et pulluleront sur le ventre de vos putes distinguées
….
Clément de Noiset
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